TOKYO : Steven Da Costa décroche l’or et fait la fierté de la Région Grand Est

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Par Etienne Bonamy – jeudi 5 août 2021. Photo : Steven Da Costa, / Crédits : Pauline Ballet – KMSP

 

« Je ne suis venu que pour la médaille d’or ». Steven Da Costa a tenu parole. Ce jeudi, à 21h, dans le Nippon Budokan, le surdoué de Mont Saint-Martin est devenu, à 24 ans, le premier champion olympique de karaté de l’histoire. Comme il l’avait annoncé. Efficace. « Quand je dis quelque chose, je le fais. Dans la vie c’est possible mais en sport c’est autre chose. Je ne réalise pas du tout. Il faudra me laisser une nuit et même le retour en France avant que je réalise », lâche-t-il devant la presse. Libéré.

 

Il n’aura connu qu’une petite frayeur, avec sa défaite, dans la matinée contre le Jordanien Almasatfa. Vainqueur des 3 autres combats de la poule, il est en demi-finale. Assuré au moins de la médaille de bronze. « Mais si je viens vous voir avec celle-là ce soir, je serais très déçu » vient-il nous dire avant la longue pause de l’après-midi. Retour au village olympique, coups de fil à la famille en Lorraine, besoin de décompresser. « J’étais tendu le matin avec ce statut de favori, je n’arrivais pas à me lâcher. Je n’étais pas moi-même. Je me suis dit qu’il ne faut pas que j’ai de regrets. Lâche tout, montre ton vrai visage ». Avec la promesse d’un podium, Steven redevient un combattant intraitable en demie face au Kazakhe Assadilov. « Il tire en -60kg, donc plus léger, plus surprenant ». Il le redoutait, il le bat (2-0). La finale est encore plus facilement maîtrisée face au Turc Samdan, lui aussi de la catégorie -60kg. La victoire (5-0) boucle une journée parfaite. Podium, médaille d’or, la Marseillaise. « Je me suis préparé comme un chien dans mon fief de Mont Saint-Martin avec mon père, Olivier (Beaudry, l’entraîneur national) et tous les partenaires. Je suis passé par toutes les émotions et là c’est l’aboutissement. Merci à tous ».

 

Photo : Steven Da Costa, / Crédits : Pauline Ballet – KMSP

Un peu plus tôt, en athlétisme, il y a eu moins d’émotion. Brigitte Ntiamoah et ses coéquipières du relais 4x400m (Lacoste, Brossier, Guei) ont pris la cinquième place (3’25’’07) de leur série. Un chrono insuffisant pour passer en finale. Pour la Mulhousienne, présente en relais à Rio mais non sélectionnée aux mondiaux 2019, il s’agissait d’une revanche. Mais elle a peiné sur son troisième relais, pris en 2ème position. Brigitte, contractée a passé le témoin à Floria Guei à la 6ème place. Après la course, visiblement très affectée par sa performance, elle avouait juste « sa déception de ne pas passer en finale ».

 

Après la réussite de Steven Da Costa, la journée de vendredi réserve encore du suspense aux athlètes du Grand Est. Yohann Diniz se lance dès 5h30 du matin, vendredi (22h en France ce jeudi soir), dans le dernier 50 kilomètres marche de sa carrière. Ultime sortie olympique. La course a été délocalisée sur l’ile d’Hokkaido, à 800 kilomètres au nord de Tokyo. « Les conditions particulières, avec la chaleur et l’humidité, ne me font pas peur », assure le Champenois, infatigable compétiteur à 43 ans. « J’ai passé soixante jours au Portugal en chambre thermique reconstituant ces conditions pour m’acclimater ». Désireux d’en « finir avec la malchance olympique », Yohann, qui participe à ses quatrièmes JO, a peaufiné ces derniers jours son allure et sa stratégie de rafraichissement. Et le Japon lui rappelle de bons souvenirs. En 2007, dans la touffeur d’Osaka, il avait décroché une première médaille d’argent mondiale sur la distance.

 

Plus tard, ce vendredi, handballeuses et basketteuses sont en demi-finales de leur tournoi. Face aux Suédoises, pour les premières, et les Japonaises, pour les secondes, le mental jouera autant que l’élan physique. « On a compris depuis le premier match perdu contre elles que rien ne nous sera donné sans combattre », explique Endy Miyem, la capitaine des Bleues, en référence à la défaite amère en entrée du tournoi. « Ce sera un beau match contre le Japon, elles sont chez elles, mais nous aussi on a su encaisser les coups depuis le début. On a grandi ».

 

Sélectionné comme remplaçant en individuel à Tokyo, Simon Delestre a suffisamment patienté plus de dix jours au Japon pour apprécier enfin l’heure de la compétition. Berlux Z, son cheval, aussi, parfaitement remis du voyage. Ce sera demain vendredi en début de soirée à Tokyo. « Il est temps d’y aller », sourit le cavalier lorrain. Depuis cinq ans, et son forfait en individuel à Rio, il s’engage enfin dans le concours olympique de saut d’obstacles par équipes. Jeudi soir, la sélection est tombée : Simon sera le premier français à s’élancer, suivi de Pénélope Leprévôst puis Nicolas Delmotte. « Mon cheval est plus jeune que les autres, il va vraiment débuter un grand championnat », commente le Lorrain « Compte tenu des difficultés de l’année écoulée, je suis content de l’amener là ». Place à l’action

 

Les résultats du 5 août

 

ATHLETISME

Stade Olympique

4 x 400m femmes – Séries

5ème (non qualifiée)

FRANCE

Brigitte NTIAMOAH

 

KAYAK

Sea Forest Waterway

K2 1000m – Finale B

7ème

Etienne HUBERT – Guillaume Burger

 

KARATE

Nippon Budokan

-67kg – Finale

Vainqueur et médaille d’or

Steven DA COSTA

 

Le programme du 6 août

 

ATHLETISME

A partir de 22h30 (jeudi 5, heure française), Sapporo Odori Park

50km marche

Yohann DINIZ

 

13h37 (heure française), Stade Olympique

4 x 400m hommes – Séries

FRANCE

Muhammad Abdallah KOUNTA

 

BASKET-BALL

13h00 (heure française), Saitama Super Arena

Tournoi féminin – Demi-finale

Japon – FRANCE

Endy MIYEM

 

EQUITATION

12h00 (heure française), Saut d’obstacles

Qualification par équipes

Simon DELESTRE

 

HANDBALL

10h00 (heure française), Yoyogi National Stadium

Tournoi féminin – Demi-finale

FRANCE – Suède

Méline NOCANDY, Chloé VALENTINI-BOUQUET